03 juillet 2008
J'ADORE CHRIS ESQUERRE
30 juin 2008
I LOVE PATOR
Après la fête de la musique (En écoutant mon tube, tu titubes...), après la gay pride (si je me marie avec un hollandais où un espagnol, je ne serai plus responsable pour les prochaines présidentielles...), il nous restera le grenelle de la bière...

Avec Pator, nous nettoyons la rue (35 sacs poubelles 200L!), tous les deux torses nus. Une voiture de police s'arrête. Deux agents photographient la rue pour verbaliser (oui, le ministère de l'intérieur montre beaucoup de zèle face aux établissements "jeunes" et/ou "nocturnes"...). L'un des policiers vient vers nous pour nous dire que nos tenues sont "légères" (vague évocation d'attentat à la pudeur ou d'outrage aux bonnes moeurs... Enjoy la droite!). Pator lui répond dans un français rendu abrupte par la fatigue (il est belge) : Euh! écoutez! Nous on travaille depuis 16h00 de l'après midi, on a nettoyé tout notre tronçon de rue, alors faites pas chier, et puis de toute façon ma tenue, c'est pour la gay pride, c'est un jour dans l'année, j'y ai droit, j'y ai droit, c'est tout!". Et moi de rajouter : "Autre chose? ...On peut?"
Il est vrai que nous deux sur des montagnes de gobelets, ça rappelait quelque part la scène de Priscilla quand la drag se remaquille dans le désert...

Dans une pouffiasserie toutefois un peu plus butch, il est vrai...
24 juin 2008
STUPEFIANTE
Extrait de l'interview de Cathy Guetta paru dans le gratuit Sensitif... Enjoy!

20 juin 2008
DRAMATICALLY DIFFERENT SKIN CARE
Hier était trouble. Des réconciliations professionnelles sur l’alambic. Dans cette allégresse, des verres de Vodka Martini s’entrechoquaient les yeux dans les yeux pour rattraper le manque de douceur de nos conditions, et tous les mots importants que l’on ne s’était pas dit. Au dessus du Bar, un appartement avait pris feu. Les pompiers évoluaient devant nos yeux bêtement éblouis. Le fantôme de Gervaise devait planer certainement dans le coin, mais aucun de nous ne l’aurait soupçonné alors. Après le Bar, la nuit s’est étirée sur des conseils pratiques ou je ne sais plus dire où commence la pouffiasserie et où fini le bien-être. Entre « l’art du fist en dix leçons » et « bien choisir son prince albert ». Le fait est que j’ai une vision déformée de la chose, et que parfois, quand la fatigue s’empare de moi, l’humour et le recul ne suffisent pas pour préserver l’estime de soi. Le Bar, c’est un peu le marché aux fleurs d’Amsterdam. En trois heures, tout le monde se jauge, repère les nouvelles tendances du « marché », et revoit leur propre côte. Les mecs rentrent en scène, très bien préparés, tout en feignant d’avoir été surpris « au naturel ». Dans cette débauche d’effort, comment ne pas être émerveillé, comment ne pas se sentir quelconque ? Et j’en viens à me trouver moche quand j’oublie que même le plus beau d’entre eux s’énerve autant que moi certains matins devant la glace.
Le lendemain, je me fais couper les cheveux par mon coiffeur pornstar. Je repasse au Bar récupérer mon I pod. Dans la rue, on s’affaire à déblayer les restes de l’appartement. On m’apprend que c’est une femme isolée socialement qui y résidait. Elle était à l’hôpital pour cause de cancer quand l’incendie d’origine électrique s’est déclenché dans son logement. Elle était repassée dans la matinée en espérant retrouver sa perruque intacte.
10 juin 2008
PUERIL EN LA DEMEURE
L’ambiance était délétère. La confusion régnait au sein de l’équipe. Une bouillie de sons épaisse et sourde couvrait le moindre de nos propos si bien que dans notre énervement, nous bouches s’agitaient comme des papillons. F nous tournait le dos malgré mes appels incessant. Nous nous enlisions dans un chaos qui n’était pas le notre. Un groupe d’américains bizarrement vêtus s’avançait vers nous. L’un d’eux se plante face à moi. Je lui demande ce qu’il se passe. Il me regarde avec dans les yeux, un mélange de pitié, de tristesse et de sourire forcé. Il me répond : « C’est fini. » Je regarde le groupe qui chuchote entre eux. Ils nous lancent tous leur fameux sourire forcé. Ils nous installent une table, et nous servent, dans une débauche d’effets de styles ridicules, des t-bones. C’est d’un puéril à en faire baver d’envie bien des anniversaires au Mac Do. J’en reste scotché. Je regarde les clients qui s’agitent et qui grognent de mécontentement. Ils comprennent alors ce qu’il se passe. Et je les vois se mettre à manger. A manger des morceaux du Bar. Une meute de clients dévore chaque recoin de l’établissement. Je reconnais chacun de leur visage. Les américains sont horrifiés du spectacle. Je regarde avec admiration et tendresse chacun de mes phagociteurs, et dans un sourire d’apaisement, je souffle un simple : « Bravo les gars, je suis fier de vous. »
27 mars 2008
UN JOUR SANS FIN
C’est l’expression de quoi ? C’est l’expression de rien ! Il est là, se donne l’air d’être très occupé sur son portable, et pourquoi ? Son répertoire il le connaît par cœur, et pourtant, il se demande encore si dans la liste, il n’y aurait pas un connard pour l’appeler là, maintenant, histoire de le sauver de sa gêne. Cela fait cinq fois qu’il fait défiler les noms : « Tiens, lui c’est qui déjà… Et lui, bon je l’efface… ». C’est ça. Efface-le. Efface-toi. Il aimerait bien, si seulement. Autour de lui, il y a du monde. A sa gauche, son baron de bière repose sur la table ronde en aluminium brossé. Ses chances déclinent, la foule se disperse, son verre se vide. Tu peux te brosser, Martine… Demain, peut-être.
06 décembre 2007
CELL
Au Rouge, parfois, il arrive que des clients perdent leur portable. Lorsque nous avons la chance de les récupérer, nous utilisons le répertoire, et appelons les proches afin de faire savoir au propriétaire que leur appareil les attend au Bar. Très souvent, l’objet est récupéré sans un merci. C’est à se demander pourquoi s’évertuer à tant de civisme. Certains, cuits par tant d’amertume se contenteraient de dire : » Chacun pour soi et Dieu pour tous ! ». Peut-être que le fait d’avoir perdu quelque chose au moins une fois dans sa vie, et d’en avoir ressenti les conséquences nous pousse à ce genre d’initiative, mais pas seulement. Lorsque nous lançons ce genre d’appel, nous sommes aussi toujours un peu curieux de ce qu’il va se produire par la suite. Une fois, nous avons vu une gamine de 19 avec ses parents, aussi à l’aise dans le Marais que deux G.I. à Bagdad. Les G.I. n’ont pas dit merci.
Mais la dernière reste certainement la meilleure. Pendant deux jours, nous nous sommes relayés pour appeler « le répertoire de Mathieu ». Les rares personnes ayant décroché nous demandaient qui était à l’appareil en nous indiquant que le numéro s’affichait mais qu’ils ne l’avaient pas enregistré. Nous leur expliquions donc que Mathieu avait perdu son portable, et qu’il fallait l’avertir de vivo qu’il pouvait le récupérer au Rouge.
Le lendemain soir, le Samsung de Mathieu se mit à sonner, dès la réception d’un SMS.
« C’est X, on sait ou est ton portable, tu n’as plus à t’inquiéter »
Après avoir cédé au fou rire, j’ai souhaité que cette perte fût un acte volontaire de la part de Mathieu. Je me suis mis à lui souhaiter un répertoire rempli d’intelligence, de cœur, et de mémoire. 3G ou I Phone, on s’en bat la race. Pas vrai ?
Maintenant, lorsque je repense à tout ces mecs qui passent leur happy seul avec leur portable…
07 novembre 2007
N.P.F.C.L.B.
Excepté les clients, le Rouge me gave depuis un peu plus de trois semaines. Il n’y a pas un jour sans qu’une petite phrase assassine me saute au visage, ou qu’une merde arrive, et dans ce cas devinez qui s’y colle pour régler le problème ? Mais dernièrement, ce sont mes collègues qui m’intriguent. Leur peur de voir revenir la Grosse à nouveau comme directeur leur fait répéter comme une mantra le « si il revient je me casse ». Je m’interroge sur leur logique : 1- C’est impossible qu’il revienne. 2 S’ils ne veulent pas d’un nouveau directeur ultra autoritaire et limite parano, il n’en tient qu’à eux de faire correctement leur travail et démontrer au responsable que le bar peut très bien tourner sans cela. Mais non. Dernièrement, c’est un de mes collègues particulièrement qui m’en a fait voir. Et à me prendre pour la trop bonne trop conne de service, le garçon dans un joli week-end de gaffes, a finit de m’achever lundi matin, en me laissant un bar dégueulasse. « On est les reines du pétrole, on peut se casser comme des voleuses, la blonde elle est gentille et elle fait bien son travail, elle va nous le faire ». Perdu. Je laisse le même message aux deux zozo sur leur répondeur : « Très bonne idée de ne pas faire le ménage les gars, d’ailleurs maintenant je vais faire comme vous ! ». Etape 2 : Laisser agir. Un message de Sport Billy sur mon portable qui opte pour la diplomatie du « euh ! Je suis trop conne, vous pouvez répéter la question… ». 3 Ne pas répondre. Et moi de tenir les paris et de me demander si elles auraient les couilles d’affronter ma gueule des TRES mauvais jours pour récupérer leur paye… COUILLES MOLLES. Mardi, mon portable sonne, c’est la Fay : « Ouais, salut tu va bien ? ». Moi : « Non, et j’ai pas envie de te parler ». 4 Raccrocher. Envoie-moi un fax pendant que tu y es ! Les conflits se règles en face, bonhomme. Tu es vénère ? Attends, c’est rien, là je m’échauffe. Tu m’as pris pour ta bonne, pour ta pu-pute, tu vas morfler, pédagogiquement on s’entend, je vais t’apprendre ta méprise, ton mépris, le mépris, et je vous mets au défi de me refaire un coup pareil. Si c’est le cas, ne ramène surtout pas ta tête, parce que je te ferai nettoyer le bar avec ta langue.
(N.P.F.C.L.B.: Ne pas faire chier la blonde.)
02 juillet 2007
LAS VEGAS, LASSE VIE GAY
15h00 : J’arrive. Nous installons le grand bar, remontons les tables et tabourets à l’étages. Au BHV nous achetons une planche dans les dimensions désirées pour le petit bar.
16h00 : Nous installons le petit bar. La cave est pleine à craquer.
17h00 : Nous recevons les 12 sacs de glaçons. Je lis les propos de Bernard Bousset dans le Parisien.
18h30 : Nous sommes prêts. Je travaille au petit bar avec Chew.
20h30 : Nous n’avons plus de grandes Heineken au petit bar. L’happy Hour n’est pas fini.
22h30 : Nous n’avons plus de petites Heineken.
23h30 : Je mange un sandwich en 10 minutes.
00h30 : Il ne nous reste pas grand-chose à servir au petit bar.
01h30 : J’ai déjà les pieds trempés.
02h00 : Nous arrêtons de servir à boire.
02h30 : Nous balayons la rue. Comme chaque année des tonnes de gobelets à ramasser. 32 grands sacs poubelle. Je pense à l’emprunte écologique des matières. Comme chaque année, j’en conclue qu’avec un tel comportement la planète est foutue. Tout le monde s’en fout, tout le monde est bourré.
04h00 : Je bois mon premier verre d’alcool de la soirée, un whisky coca, je m’allume une American Spirit.
04h10 : Je quitte le Bar, je rentre à pieds. Dans la rue Michel « Le Cunt » Alex et ses collègues chassent les clients du Dupleix pour pouvoir fermer à leur tour.
04h20 : Rue du Bourg L’Abbé. Bordel.
05h15 : Home. Je me douche. J’embrasse le Koala. Je regarde les blogs, libé, la page d’accueil de gaylib (mdr !). Je me couche. Encore une Gay Pride de faite.
04 avril 2007
RIO BARIL 2
Allumer sa cigarette, deux taffes, et la laisser mourir dans un le cendrier, elle ainsi qu'une bonne quinzaine de ses soeurs plus tard, incinération choisie? La bière tangue dans les choppes. Non, ce n'est pas la joie mais le soleil dehors, à défaut d'espérer, vous rend plus avenants. Ces gens qui s'empoignent : qui de gauche, qui de droite, se taperaient presque sur la gueule, s'il n'y avait pas "un traître de centriste" qui en voulant les séparer les fédèrent dans un cri : Sale traître! A côté du dj, une jeune fiotte en roller. Là bas, un vieux agglutiné sur son coup du soiréspoir. Dans l'angle un geek et son Mac Book. Cette autre vieille qui dans la tourmente me demande cinq kirs. Non mais j'y crois pas, et l'autre qui va passer tout l'happy hour à chercher sa monnaie dans son sac et qui fait des piles de pièces rouges. Moi :"En cigarette, j'ai Lucky luckylight Dunhill dunhilllight, et c'est 7euros...", et l'autre :"Marlborolight?", moi : "Euh, ecouteeeez, et repettttteeezzzz....". Les trois du fonds qui se mattent le paquet. Un mec d'Ontario qui bloque sur moi et parle à son pote : "look at him! He hasn't got underwear, he's so hot, these french guys got a jenesaaaykwaaa!". Oulalalaouiouicheriçacestparis sauf que baby j'ai mis un slip! C'est juste mon futal qui le fait descendre et ça me donne "euhjenesaykwaa" des plombiers qui ont toujours la raie du cul qui dépasse, et surtout quand je m'abaisse pour ranger les verres. Et quand on me le fait remarquer, ça me gêne, je pique un phare (je ne le rends jamais, bien fait pour les marins! Tous des salauds!), et je me contorsionne pour ne pas sentir vos yeux dans mon dos.
Bien plus tard le vide. Seulement bien plus tard.
