NightCrawler

Point de musique véritable qui ne nous fasse palper le temps

29 janvier 2008

L'ART IMPOSSIBLE ET DERISOIRE DE LA BONNE FIGURE

“The cars in the churchyard are shiny and German

Distinctly at odds with the theme of the sermon

And during communion I study the people

Threading themselves through the eye of the needle”

The Divine Comedy “The eye of the needle”

La veille fût impossible pour moi. Impossible de dormir. Mes affaires étaient déjà soigneusement préparées. J’avais (mal) fixé un post-it sur la porte de la salle de bain à l’attention de Titus lui demandant de bien vouloir me réveiller. Dans les bras du Koala, j’ai pu sauvé un peu plus de quatre heures de sommeil. Dans la glace, je me suis battu contre mes cernes, et j’ai compris cette concurrence agressive entre le médecin anti-âge et le thanatopracteur. Jeudi matin était brumeux, froid, et légèrement humide. Boulevard de Ménilmontant, une Twingo en rade d’essence avec deux filles dedans, je lâche 10 euros pour les dépanner. Je me tape la montée pavée de merde qui mène au crématorium d’un pas rapide et nerveux. Je stresse d’être en retard. Il n’y avait pas de tournesols pour toi, je ne savais pas que tu aimais les iris. Je me retrouve face aux autres, je me sens nu, mais prêt à prendre les pires choses dans la gueule pour toi. Dans la masse de gens en noir, Deed s’échappe pour m’accueillir, les bras ouverts, et c’est le soulagement. Ramin me fait remarquer amusé que je suis le seul vêtu de blanc, et suppute une volonté de ma part à ne jamais faire comme tout le monde. Je lui renvoie le clin d’œil en lui soulignant que chacun cultivait sa « bravitude » comme il l’entendait. Dans la salle, un cercueil de bois miel, impersonnel au possible. Un Monsieur Loyal éteint zappe d’une famille à l’autre en bafouillant le même protocole. Deux chevalets supportent des dessins d’Hervé. Deed met le cd de Maxence Cyrin avec le morceau « Acid Eiffel » (Shazz est dans la salle), le « dancefloor » retient ses larmes, c’est une KABP, triste, mais elle est une pour toi. A côté de moi, la Ferrugina, grand timide, cœur d’artichaut, humour vachard et cinglant, pleure à gros sanglots. Moi, je ne veux pas, je me suis promis, ça ne les regarde pas, je me retiens. Ton petit loup lâchera la seule phrase digne d’être entendue : « il était fragile et pourtant il me portait ». Quelque part, il nous a tous porté a un moment où nous n’en pouvions plus, réellement. Je nous regarde, et je me demande comment tu as pu nous supporter dans nos moments les plus bas. Dans cette salle, il y a autant d’Atrides que de Labdacides (des années Acid), autant de Montagut que de Capulet (du Marais), et de ce que fût la guerre fratricide entre le Clan Dustan et le Clan Lestrade, nous n’aurons laissé que des cendres. Je ne veux pas regarder le four. Dehors, j’en grille une.

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20 janvier 2008

IDEE FOLLE

"...And I can easily understand
How you could easily take my man
But you dont know what he means to me, jolene... "

Voilà. J’ai déplacé mon rendez-vous de visite médicale. Je serai là. Et j’appréhende déjà. Les regards des autres. Ceux qui ne souhaiteront pas me voir. Ceux qui en un regard vous feront entendre quelque chose comme : « Ah ! Lui ici ! ». Dédales du dédain : Amazing ! Ces autres dont on n’a pas demandé de nouvelles sans pour autant s’être quittés en mauvais termes. Match nul. Et les quelques autres qui comme moi se sentiront à l’étroit mais qui affronteront le malaise parce que TOI. Ces dernières nuits n’en ont pas été. Réveillé aux alentours des 1h35, abdication vers les 5h35. Un après-midi, j’ai appelé ton portable pour entendre ta voix, et sous la sommation du bip, j’ai laissé un message stupide. Dans la minute qui a suivit, j’ai eu ta sœur au téléphone. Je me suis débarrassé du peu de consistance qu’il me restait, à savoir pas grand-chose, à part un bout de façade. Dans la nuit, cette idée (la tienne ?) d’arriver traveloché en Dolly Parton. Pour te rendre hommage. Un ami m’accompagne à la guitare, et je chante le premier couplet refrain avec ma voix de baryton sans filtre. Et puis, pour me rapprocher de la voix naturellement « 78 tours » de Dolly, j’entame le deuxième couplet refrain en avalant une bonne dose d’hélium. Est-il possible de rire un jour pareil ? Est-il possible de communier ensemble pour toi ? De chanter ta chanson fétiche, « Jolene » ? Je me suis toujours demandé pourquoi cette chanson. Jolene, c’est quand même l’histoire d’une Bitch contre laquelle on ne peut pas lutter et qui nous pique les hommes de notre vie. Pardon, je n’aurai pas le courage de le faire. Mais je viendrai quand même, et cette chanson me hantera certainement.

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18 janvier 2008

PROSOPOP

Cher Hervé, j'ai appris la nouvelle bizarrement. Au Bar. En plein Happy. Par Dom : "Au fait, tu as reçu le mail de Didier... ". Sur le coup, je n'ai pas arrêté de penser à ce coup de téléphone que tu m'as laissé. Et sur le coup, j'avais envie de hurler :"Fuck! I screwed up!", mais j'ai fait la chose la plus ridicule au monde : cacher mes émotions, ne rien laisser paraître face aux collègues et clients, "deux bières... 7,40 euros... Merci...". Le soir, j'ai regardé mes mails, et pas de mails de Didier. Dom me l'a forwardé à ma demande. Et bien sûr tu t'en doutes, je suis en colère contre Didier. Je t'entends me dire que tu veux pas t'en mêler que c'est à nous deux de régler cela... Mais quand même, il s'agit de toi. La dernière fois que tu nous a fait le coup du toréador, je l'ai appelé au téléphone, il m'a envoyé des mails. Ce type de coups tordus de collégiennes... Mais enfin, il n'est pas question d'une soirée qu'il organiserait ou je serait tricard, non, là, il s'agit de tes adieux, il savait qu'on s'aimait, et par ailleurs, je le répète, il a mon adresse mail, mon phone,... Je suis désolé Hervé, mais je ne sais pas comment dépasser ma colère à son sujet. Je sais que tu aurais voulu qu'on enterre la hache de guerre, mais là, "RV 'chuis NRV!!!!". L'instant T où tu nous as quitté, j'étais bien imbibé, devant l'ordi, et pourtant impossible de dormir, énHervé, je te dis. Jusqu'à 5h30 du matin. J'aurais préféré un milliard de fois être à tes côtés. J'angoisse rien qu'à l'idée de penser que tu serais parti tout seul, sans un visage familier, sans un pote pour te tenir la main (deux secondes je craque, s'il te plaît).

tu me manques. Tête de pioche. Avec tes chapeaux, ta voix douce, tes yeux de biches, et tes digressions interminables qui t'en faisait perdre le fil de tes propos : "Pourquoi j'te parlais de ça déjà... Ah! Oui!". Mercredi soir, j'ai porté ton T-shirt, celui avec l'illustration que tu avais réalisé pour London. Si tu savais le nombre de mecs qui m'ont dit : "il est vachement bien, où l'as-tu trouvé?". Après la fermeture, j'ai retrouvé, Afro, le Renard, et Podom. Je crois tu les aurais adoré ces lascars. On est passé chez Berti... Quelques verres, quelques pet'... Berti avait mis les Strokes, et j'avais l'impression que t'étais là avec nous. C'est dingue. Les Strokes, l'album que tu préfères d'eux. Après, on s'est retrouvé chez les lascars, et moi j'étais over, over d'alcool, de traits, de pet', j'ai vomi dans le jardin, la honte. J'ai tué les pétunias de Podom. Tu aurais été fier de moi, j'ai vraiment vomi comme un punk. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas fait ça. J'ai l'impression d'avoir fait la nuit jusqu'au petit matin avec toi. Koala et Titus t'embrassent. Katrina le sait, je devrais peut-être lui forwarder le mail. Dans l'après midi, j'ai écouté à nouveau ta voix. Te souviens-tu? Un Après midi chez toi? J'avais mon dictaphone numérique. Un après midi d'été, avec un bon déjeuner, un pétard et du thé. Le temps n'avais plus d'importance. De toutes façon, lorsqu'on passait te voir, il ne fallait rien prévoir d'autre après. Le temps, avec toi, c'était très particulier. C'était super agréable. S'affranchir du temps, c'est un luxe.


The strokes - you only live once8
envoyé par agita

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16 janvier 2008

PARDON

Pardon Left. Je n'ai pas compris ton message. Un mot audible sur cinq. Pire que d'hab. J'ai compris l'envie de me voir. Et je me disais, moi et mes deux semaines de folie au boulot : "Putain! Dès jeudi (mon premier jour de repos rattrapé!), je t'appelle et je viens te voir. Pardon. Je n'avais pas compris. Que tu me disais "au revoir".

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11 janvier 2008

SHITDISCO

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09 janvier 2008

ENGLISH ROSES GOT SPINES

N'en déplaise à Stephen Clarke, mais j'adore les anglaises. Normal, je suis pédé. Je comprends que le mâle anglais ait quelques difficultés a en imposer. Elles picolent. Elles vomissent. Elles jurent. Elles engueulent leur mec à coup de sac à main. Elles se baladent en mini jupe le soir dehors par trois degrés. Classes, déjantées, ou vulgaires, elles assument. Pour faire court, en Angleterre, ils ont Lily Allen, Kate Nash, Skin, ou encore Amy Whinehouse. En France, on a Vitaa, Diam's, Coxy, Yelle.

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03 janvier 2008

PURPLE

En sortant de terre, j'ai vu cette lumière laiteuse, teinter de doré tout ce qu'elle pouvait caresser. Des herbes folles et endormies : rouge+bleu+noir+blanc= Purple. J'ai constaté l'absence de mon dictaphone numérique dans mon sac : ma mémoire sera sourde. J'embrasse des yeux, la folie gothic revival de Saint Pancras. Take a Cab. Lancaster gate. Nous posons nos affaires. Selfridges est encore calme. Les automates nous lâchent des 20£. Universal Granny. Purple. Un breakfast. Curieusement, ça parle le français un peu partout. Dans la maison de Sir John Soane, pour empêcher que le public ne vienne s'y asseoir dessus, un chardon est posé au milieu de chaque chaise et autre fauteuil. Purple. En sortant, nous observons les écureuils dans le parc. Les rues sont encore vides. Deux heures plus tard, ce sera le flash mob. Cela ressemble à s'y méprendre à un épisode du Prisonnier. Les cendres du Globe ont fertilisé la théâtralité de la ville toute entière. Savile Row. Dans l'entrée de la boutique d'Abercrombie, un gogo torse nu pose pour la photo souvenir avec les clients. Il fait 3 degrés. Des fresques immondes néo-Rienfenstahliennes, Rick Astley dans les Boses, et dans ce dispositif wagnérien, des centaines de lémuriens qui se rêvent d'une Amérique aux dents blanches des niaiseries de Bruce Weber, et qui se battent pour un bout de chiffon, bien trop cher, bien trop fade, pour lui prêter autant de vertus magiques. Le soir tombe sur Soho. L'assiette du Balans se laisse manger très facilement. Un dernier verre au Comptons, le frêre du Rouge. Dehors, les spots nous chauffent. L'incandescence de nos cigarettes, se mêlent aux gorgées dorées. les spots allogènes s'éteignent : lumière orange au fillament : Purple. A 23h00, tout s'éteindra, bien comme il faut.

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02 janvier 2008

VALERIE DORE

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