NightCrawler

Point de musique véritable qui ne nous fasse palper le temps

18 janvier 2008

PROSOPOP

Cher Hervé, j'ai appris la nouvelle bizarrement. Au Bar. En plein Happy. Par Dom : "Au fait, tu as reçu le mail de Didier... ". Sur le coup, je n'ai pas arrêté de penser à ce coup de téléphone que tu m'as laissé. Et sur le coup, j'avais envie de hurler :"Fuck! I screwed up!", mais j'ai fait la chose la plus ridicule au monde : cacher mes émotions, ne rien laisser paraître face aux collègues et clients, "deux bières... 7,40 euros... Merci...". Le soir, j'ai regardé mes mails, et pas de mails de Didier. Dom me l'a forwardé à ma demande. Et bien sûr tu t'en doutes, je suis en colère contre Didier. Je t'entends me dire que tu veux pas t'en mêler que c'est à nous deux de régler cela... Mais quand même, il s'agit de toi. La dernière fois que tu nous a fait le coup du toréador, je l'ai appelé au téléphone, il m'a envoyé des mails. Ce type de coups tordus de collégiennes... Mais enfin, il n'est pas question d'une soirée qu'il organiserait ou je serait tricard, non, là, il s'agit de tes adieux, il savait qu'on s'aimait, et par ailleurs, je le répète, il a mon adresse mail, mon phone,... Je suis désolé Hervé, mais je ne sais pas comment dépasser ma colère à son sujet. Je sais que tu aurais voulu qu'on enterre la hache de guerre, mais là, "RV 'chuis NRV!!!!". L'instant T où tu nous as quitté, j'étais bien imbibé, devant l'ordi, et pourtant impossible de dormir, énHervé, je te dis. Jusqu'à 5h30 du matin. J'aurais préféré un milliard de fois être à tes côtés. J'angoisse rien qu'à l'idée de penser que tu serais parti tout seul, sans un visage familier, sans un pote pour te tenir la main (deux secondes je craque, s'il te plaît).

tu me manques. Tête de pioche. Avec tes chapeaux, ta voix douce, tes yeux de biches, et tes digressions interminables qui t'en faisait perdre le fil de tes propos : "Pourquoi j'te parlais de ça déjà... Ah! Oui!". Mercredi soir, j'ai porté ton T-shirt, celui avec l'illustration que tu avais réalisé pour London. Si tu savais le nombre de mecs qui m'ont dit : "il est vachement bien, où l'as-tu trouvé?". Après la fermeture, j'ai retrouvé, Afro, le Renard, et Podom. Je crois tu les aurais adoré ces lascars. On est passé chez Berti... Quelques verres, quelques pet'... Berti avait mis les Strokes, et j'avais l'impression que t'étais là avec nous. C'est dingue. Les Strokes, l'album que tu préfères d'eux. Après, on s'est retrouvé chez les lascars, et moi j'étais over, over d'alcool, de traits, de pet', j'ai vomi dans le jardin, la honte. J'ai tué les pétunias de Podom. Tu aurais été fier de moi, j'ai vraiment vomi comme un punk. Cela faisait tellement longtemps que je n'avais pas fait ça. J'ai l'impression d'avoir fait la nuit jusqu'au petit matin avec toi. Koala et Titus t'embrassent. Katrina le sait, je devrais peut-être lui forwarder le mail. Dans l'après midi, j'ai écouté à nouveau ta voix. Te souviens-tu? Un Après midi chez toi? J'avais mon dictaphone numérique. Un après midi d'été, avec un bon déjeuner, un pétard et du thé. Le temps n'avais plus d'importance. De toutes façon, lorsqu'on passait te voir, il ne fallait rien prévoir d'autre après. Le temps, avec toi, c'était très particulier. C'était super agréable. S'affranchir du temps, c'est un luxe.


The strokes - you only live once8
envoyé par agita

Posté par nightcrawler à 04:20 - LES NOTES PERDUES - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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