01 juillet 2011
PAS SEUL
Il n'y a jamais eu de mode d'emploi. J'envie les gens aisés, les familles soudées, et tous ceux que je connais qui ne mesurent pas leur chance, et l'insolence qui en découle. Hier, je pouvais avoir mon père sur Skype. C'était son anniversaire, il avait l'air heureux. Physiquement, je l'ai trouvé déclinant. Mentalement, je dirais bien, constant. Quelques jours avant, il m'avait téléphoné, me faisant part de son intention de rédiger officiellement son testament. Je sais qu'il me faudra descendre, prendre le temps, vérifier. A-t-il pris des engagements pour ses obsèques? C'est quoi ses volontés? Il a toujours éluder mes interrogations en changeant de sujet. Lors de son dernier accident, je souhaitais une aide à domicile pour lui : proposition balayée d'un "mais tous va bien!". Je dois faire la synthèse pas évidente entre sa lucidité, sa dépression, le respect de sa volonté, et parer aux emmerdes. Je deviens complice de son silence, pour son bonheur, et son libre arbitre. Je ne sais pas si je fais bien, peut-être que non. Ses amis veillent dans la mesure de leur possible, mais est-ce suffisant? Je me dis parfois aussi que ça ne coûterait rien d'envoyer ses bilans à d'autres spécialistes, parce que je ne vois rien de mieux arriver pour son bien-être corporel. J'aimerais, dans mes rêves les plus fous, l'enmener au Japon, lui qui n'a pas beaucoup voyagé, et trop travaillé dans sa vie. Lui faire prendre un onsen du côté d'Hakone, manger des raisins de la mer à Hokinawa, et le bercer avec toute la beauté inouïe des paysages. Un dernier voyage, pas seul, ça serait bien pourtant.
12 avril 2011
AUTO-CENSURE
Là, par exemple, j'aimerais tellement parler de mon travail, rentrer dans les moindres détails, soulever certains faits. Mais le blog ne le permet pas. Fort d'une vieille expérience de trollage, je m'auto-censure, ici. Quel dommage, ce serait tellement drôle. Je me méfie des amis d'autrefois, des militants aux idées courtes (quelle générosité d'ailleurs de supposer qu'ils en aient!), et des autres qui, ne me connaissant ni d'Adam ni d'Eve, n'ont aucun scrupule à nier l'humain derrière ces mots.
08 avril 2011
CONFIDENCE
"Pourquoi tu ne dors pas?"
Pourquoi tu fumes autant?"
Ce soir, je t'ai raconté l'histoire de cette angoisse avec laquelle je négocie.
Et j'en suis très heureux.
Parce que je t'aime.
